Ahi

Espace famille

Tu n'es pas seul(e). Ton proche ne choisit pas de te faire souffrir. On avance ensemble, mécanisme par mécanisme : d'abord comprendre ce qui se joue, puis ce que tu peux faire concrètement.

1

Son cerveau est pris au piège

Comprendre

Quand il consomme, son cerveau libère 3 à 5 fois plus de dopamine que tout ce qu'il peut produire naturellement. Après quelques fois, il en fabrique moins tout seul : sans ice, c'est le vide, la tristesse, l'absence totale d'énergie. Consommer devient un besoin physiologique, pas un caprice.

Il n'est pas faible. Son cerveau a été reprogrammé : c'est de la biologie, pas un choix.

Ce que tu peux faire

Parler avec les bons mots

Ce qui aide

Parler en « je » : « Je suis inquiet pour toi », « Je souffre de te voir comme ça »
Rester calme, choisir un moment où il n'est pas sous l'effet ni en plein crash
Exprimer ton amour avant de parler du problème ; être direct mais sans jugement

Ce qui nuit

Les reproches : « Tu es un mauvais père/fils/mari »
Les ultimatums répétés que tu ne tiens pas, les crises de colère
Parler quand il est en plein effet ou en plein crash
2

Sans le vouloir, on peut aggraver

Comprendre

L'addiction pousse les proches dans une dynamique qu'on appelle l'« enabling » : aider avec le cœur, mais nourrir sans le vouloir la continuation de la consommation.

Ce que tu peux faire

À éviter

Donner de l'argent sans condition (peut financer l'ice)
Mentir à sa place, couvrir ses absences, payer ses dettes de conso
Laisser passer des comportements violents sans réagir

À la place

Un soutien concret non financier : l'accompagner à un rendez-vous
Dire clairement ce que tu feras et ce que tu ne feras pas
Tenir tes limites avec bienveillance, mais fermement

Des limites qui tiennent

ClairesDis ce que TU feras, pas ce que tu exiges de lui.
TenablesNe pose pas une limite que tu ne peux pas tenir.
RépétéesIl faudra sans doute les redire plusieurs fois.
3

L'envie qui submerge : le craving

Comprendre

Le craving, c'est cette envie intense et soudaine de consommer. Elle dure en général 5 à 20 minutes, puis redescend, même sans céder. Il existe des techniques simples pour traverser ces moments.

Ce que tu peux faire

Fais-lui connaître ces outils dans un moment calme (pas en plein craving), propose d'en essayer un avec lui pour dédramatiser, et n'insiste pas s'il refuse. Ton rôle : les faire connaître, pas les imposer.

Concrètement, tu peux

Apprendre une ou deux techniques toi-même, pour pouvoir les expliquer simplement
Convenir d'un plan : « Quand l'envie monte, appelle-moi et on respire ensemble »
Lui montrer l'app Ahi : les techniques sont dans « Mon parcours »
4

Toi aussi, tu encaisses

Comprendre

L'addiction de ton proche t'affecte profondément, toi aussi. Ce que tu ressens est normal :

ColèrePourquoi fait-il ça à notre famille ?
CulpabilitéEst-ce que j'aurais pu faire quelque chose ?
HonteQue vont penser les autres ?
ÉpuisementTu portes souvent tout, tout seul(e).
PeurPour sa vie, pour la famille.
Ce que tu peux faire
Garde des activités qui t'appartiennent (sorties, amis, loisirs)
Parle de ce que tu vis à quelqu'un de confiance ; ne porte pas tout seul(e)
Accepte que tu n'aies pas le contrôle sur sa décision de se soigner

Tu peux te faire aider, toi aussi. Le CPSA reçoit aussi les proches (gratuit, anonyme), et les groupes de parole aident à ne plus se sentir seul(e).

5

En cas de crise

Crise psychotique (paranoïa, hallucinations, violence)

Ne te mets pas en danger : si tu te sens en insécurité, éloigne-toi
Reste calme, parle lentement ; n'argumente pas avec ce qu'il voit ou entend

Appelle le 15 (SAMU (urgences médicales)) ou le 17(Police) si nécessaire. S'il risque de se faire du mal, appelle immédiatement le SAMU (urgences médicales) ou conduis-le aux urgences du CHPF à Taaone.

6

Trouver de l'aide en Polynésie

CPSA · 40 46 00 67

Gratuit, anonyme, pour toi comme pour ton proche

Tous les services d'aide en PolynésieCentres, associations et numéros utiles

Tu peux accompagner sans prendre en charge. Aimer sans te sacrifier. Espérer sans changer l'autre à ta place.

Le chemin de ton proche lui appartient. Le tien aussi.

En Polynésie, environ 30 000personnes consomment de l'ice : c'est une réalité du fenua, pas une honte. Sources : Direction de la Santé PF (CPSA), Drogues Info Service, CAMH, Addictions France, Inserm.